Chinoiseries

Chine en photos, infos, reportages et anecdotes d'un journaliste parisien installé à Pékin. Pas exhaustif, mais proche de la réalité chinoise, d'impressions en impressions.

25 juillet 2006

Interlude

iDe retour de France où la tour Saint-Jacques (Chirac)est emballée
Tour_St_Jacques_emballee
et du portugal où l'ail a bien poussé,
ail_frais_du_Portugal
me voilà revenu à la Chine. Je remplace le correspondant de Libération en interim, ce qui me laisse le loisir d'occuper le confortable Siheyuan de Libé pour y travailler.
bureau_Libe

Il fait chaud, pollué, je vais à la piscine en bonne compagnie
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et Anaïs a monté une équipe de volley du dimanche
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C'est la coupe du Monde
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et ca me fait un peu ch...
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je pars voyager en reportage !!!!

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07 juin 2006

JOUETS

Les trois-quarts des jouets du monde sont fabriqués en Chine, la plupart dans la région entre Shenzhen et Canton dans le sud. C'est une région où on peut rouler des heures en voiture et ne voir que des usines et des cités-dortoir. Ils rasent même des collines pour faire des zones industrielles.

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En reportage avec le photographe Samuel Bollendorf (voir le reportage photo sur le site de son agence oeilpublic.com), nous sommes allés à la rencontre des ouvriers/ères de ce secteur. Ce sont des jeunes entre 16 et 25 ans, qui triment 12 heures par jour 7 jours sur 7 à fabriquer nos joujoux de Noël dont les Barbie,  Mickeys et autres Spiderman, dans des usines ressemblant à des camps, dans des conditions très dures. Ils dorment dans des dortoirs de douze dans 20 mètres carrés, gagnent 50 à 80 euros par mois (le prix d'un jouet)  auxquels il faut enlever la nourriture et le logis, après les dépenses courantes il ne reste presque plus rien comme économies. Leurs heures sup sont mal payées quand elles le sont, ils n'ont aucune sécurité sociale, s'ils sont malades trop longtemps, ou enceintes, ils sont renvoyés. Mais ces migrants ont de l'espoir, c'est ce qui les fait vivre.
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Xiaxia du Guizhou, fabricante de Barbie: "si seulement je pouvais m'acheter un téléphone portable".

Je savais tout ça, mais de le voir de près ça fait un choc. On nous a raconté beaucoup de cas d'abus sexuels, de bastonnades par les vigiles quand on réclammait son salaire impayé, de nourriture avariée etc.
La région est lourdement polluée.
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Joli canal d'épuration d'eaux use d'usines, débouchant dans la mer pas loin de Hong Kong.

Je sais c'est déprimant mais il faut être conscient que c'est à ce prix-là qu'on produit nos jouets,  nos téléphones, nos t-shirts,  etc...
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Un pied=une journée de salaire. Elles en font des centaines par jour.
Et encore c'est dans les grosses usines près de Shenzhen qu'on est allés, c'est pire ailleurs.

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04 juin 2006

Rencontre avec Marc Riboud

Rencontre d'un grand monsieur, Marc Riboud. A mon avis le plus grand photographe de la Chine de tous les temps.
Il marche tout lentement dans un hutong, son éternel appareil photo en bandoulière. Voilà cinquante ans qu'il vient en Chine. Il est a présent fasciné par la vitesse du changement, mais n'y porte pas de jugement. Seulement sur les fruits d'un vendeur de quatre saisons: "ses mangues sont chères, mais c'est nouveau à Pékin..."


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Véritable observateur, il s'intègre au paysage sans voyeurisme, et sans perdre son identité non plus. Né en 1923, il n'a jamais arrêté de photographier. Rencontrer un maître comme lui dans une ruelle par hasard, c'est un bonheur et un honneur.

Venu cette année pour recevoir un prix et faire une exposition organisée par les autorités de Pékin, il a été censuré. Pour une photo de 1956 (?) sur laquelle on voit Zhou Enlai rencontrer un ministre indien, à une période de réchauffement. En arrière plan, parmi une dizaine d'autres personnes, un jeune homme rasé: c'est le Dalai Lama, jeune et souriant, invité lui aussi. A l'époque il n'était pas ostracisé par le régime, c'était un invité de marque. Mais comme souvent en Chine, l'histoire est effacée, réécrite par le pouvoir en place. Aujourd'hui personne n'oserait montrer "l'horrible séparatiste" en compagnie souriante des plus hauts dirigeants chinois. La photo a donc été "recadrée" pour en éliminer le Dalal Lama, ce qui a fait beaucoup de peine à Marc Riboud. A deux titres selon lui: 1/ La photo devient moche 2/La censure n'a pas beaucoup changé en cinquante ans…
Il m'a parlé de la formidable faculté d'adaptation et de réadaptation dans ce pays. Dans les années 80, il se souvient que personne n'osait toucher au fax de l'hôtel de Pékin où il était obligé de descendre. Aujourd'hui, une employée de vingt ans scanne et envoie ses photos d'une échoppe dans la rue. Sans amertume, imperturbable comme un capitaine en haute mer, il évoque qu'autrefois il était reçu en hôte étranger distingué, côtoyant Mao et les plus grands, il est aujourd'hui un artiste invité parmi tant d'autres...

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17 avril 2006

Les sables

Ce matin tout est recouvert d'une couche de fine poussière du désert, jaune.

C'est vrai qu'à Paris on a parfois ces vents de sable du Sahara...

Ici chaque année le désert de Gobi nous charrie des petits cadeaux.
Ca a été assez impressionant, mais moins qu'il y a quelques années quand le ciel était devenu complètement rouge durant plusieurs heures.

Cette fois, plutôt l'impression qu'il y a eu des travaux dans toute la ville, avec cette fine couche de poussière qui recouvre tout. Comme je viens de faire refaire entièrement mon bureau et qu'il y a de la poussière dans mon appart,  je n'ai pas vu la différence entre intérieur et extérieur :)

Curieux de savoir d'où vient ce sable, je suis allé voir. Oh pas très loin: la première grande dune de sable est dans le Hebei, à 72 km au nord de Pékin, où le désert avance, avance...

banlieue_de_Pekin

Dur d'imaginer que je suis à une heure et demi de mon bureau !

Le programme de reforestation est très présent tant qu'on reste dans la municipalité de Pékin. Montagnes recouvertes de conifères verts, bien entretenus. Mais dès qu'on passe la limite régionale, c'est le contraste. Les arbres plantés ces quinze dernières années sont soit désséchés, soit coupés pour le chauffage dans ces campagnes très pauvres. Quand on demande à un membre d'une équipe de planteurs pourquoi ils ne plantent qu'un arbre par jour: "On n'a pas assez d'eau pour en arroser beaucoup, et de toutes façons il n'y a pas d'argent pour nous payer". Le sable est omniprésent, tout est sec. Les gens essaient de faire pousser du mais, mais ils ont du mal.

agriculteur_desert

La plupart partent en ville comme ouvriers migrants. L'un d'entre-eux raconte que dans son village des puits de plus en plus profonds sont creusés dans les nappes phréatiques "jusqu'à deux cent mètres, mais l'eau est envoyée vers Pékin et les grandes villes, nous en manquons"...

Des millions d'arbres ont été plantés ces dernières années pour la "grane barrière verte",  mais dans ce Hebei nord, ils consomment trop d'eau, et ont su mal à survivre.  Les jeunes sont tous là, les 2-4 ans sont survivants à moitié, et il ne reste que très peu d'arbres matures. Il faut dire que c'étaient des saules et  bouleaux, maintenant les autorités ont finalement réalisé qu'il valait mieux planter des cyprès et des sapins. Mais c'est déjà trop tard pour arrêter les vents de sables avant les J.O. ...

Plus loin, en Mongolie intérieure d'où viennent ces sables, c'est encore plus aride. waiting_for_the_rain

Waiting for the rain... C'est le Fleuve Jaune, dans un triste état d'assèchement aux deux-tiers.

Des programmes intelligents pour fixer les dunes consistent à planter des variétés d'herbes adaptées au désert. Mais elles sont arrosées une fois et c'est tout ! L'eau disparaît en quelques secondes...

watering_desert

La palme de la reforestation absurde revient quand même à un groupe d'environnementalistes Japonais, qui ont l'air d'adorer les situations extrêmes...reforestation_a_la_japonaise

Nous sommes près de Baotou, dans un endroit où le grand khan mongol adorait "chevaucher parmi les herbes tendres et hautes...". C'était Xanadu, la "prairie idéale".

On y découvre à présent des métiers insolites

.metier_d_avenir

Ramasseur de sable d'autoroute. Un métier d'avenir ?

"le sable revient tous les jours, alors je l'enlève tous les jours. Je suis payé 600 yuans par mois, c'est bien ! Quand une voiture arrive, je me pousse." Li, 55 ans.

C'est une des seules personnes depuis des années en Chine qui ne m'a pas demandé d'où je viens, ni rien d'ailleurs. Pas du tout surpris de voir un étranger débouler à pied sur l'autoroute pour lui poser des questions. Il était juste content d'avoir de la compagnie. Je pense qu'avec son métier, il est devenu super zen !

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11 avril 2006

problemes de serveur

tapé deux jours de suite, mais toutes les données perdues...

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06 avril 2006

Ca y est !

Bienvenue sur mon weblog, jour 1 !

C'est le printemps.
fleurs_de_printemps2
Les arbres de
ma cité pékinoise sont en fleurs. Qui pensait que ça n'arrive qu'au Japon ? :-)
Voilà 14 ans que je viens en Chine, dont huit années sur place, des centaines de pages griffonnées, mais pas un seul journal de
bord pérenne... grâce à la blogosphère, ça va changer j'espère.


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