La Chine se masse sans arrêt. On ne va pas seulement voir le masseur pour un problème aîgu mais aussi après le travail, en famille, pour la prévention des maux de dos, pour la relaxation des pieds, pour la détente. Il y en a pour toutes les bourses, dans les grandes villes comme dans les petits patelins, à chaque coin de rue, des échoppes familiales minuscules tenues par des aveugles, jusqu’aux immenses complexes avec des centaines d’employés en uniforme. Il n’est pas rare d’apercevoir à travers une vitrine des clients alignés, les pieds trempant dans un seau en bois rempli d’une médecine brune aux herbes, en attendant de se faire masser les pieds, ou bien des ventouses sur le dos.

ventouses

Aux massages thérapeutiques traditionnels qui font partie de la médecine chinoise se sont ajoutés ces dernières années des traitements de type spa et bien-être, destinés aux plus fortunés, incluant des soins aux huiles essentielles, au lait et au miel, et des saunas. Les autorités sanitaires chinoises estiment qu’il y a environ 600.000 salons de massage et lieux de relaxation dans le pays, qui emploient 30 millions de personnes, et génèrent 20 milliards d’euros par an ! Le secteur n’est pas du tout bien régulé, pour ne pas dire bordélique. De nombreux salons proposent ainsi des services sexuels en bonus, d’autres sont simplement une couverture pour de la prostitution. Beaucoup emploient des masseurs qui ne connaissent pas l’anatomie. Sans parler du risque de maladies sexuellement transmissibles, de nombreux clients reviennent de leur massage avec de graves problèmes de dos, voire dans certains cas de paralysie, d’herpès, de boribori. “Au moins la moitié des gens travaillant dans l’industrie de la relaxation ne sont pas qualifiés, et le gouvernement ne fait rien pour la superviser” dit madame Liu Ling, secrétaire générale du Comité national technique pour la standardisation des services de soins, à la Beijing Review en juillet. Elle doit établir avant la fin 2009 des critères très stricts, comme l’obligation d’avoir un brevet pour les masseurs, et un test d’évaluation. La bonne chose est que cela va assainir le secteur. Mais pour beaucoup de petites échoppes traditionelles artisanales mais compétentes, c’est la mort annoncée, tandis que les grandes chaînes vont se trouver renforcées. On se demande aussi comment, et par qui, ce comité va faire tester les 600.000 salons de massage recensés !